Le covid-19 ou le deuil de ma liberté d'aller et venir

L’un des piliers de la sophrologie est son attachement au principe de réalité. La sophrologie s’inscrit dans ce que nous vivons ici et maintenant de façon objective. Elle s’attache néanmoins au ressenti subjectif de la réalité vécue.

Du déni à l’intégration de la réalité

Ma réalité objective aujourd’hui est que je suis confinée, enfermée chez moi sans possibilité de sortir de mon lieu de résidence, pour une raison autre qu’une urgence médicale ou me ravitailler en produits de première nécessité. La réalité objective mondiale est que nous sommes tous confinés, contraints de ne pas nous voir physiquement en chair et en os, ne pas nous parler de visu, ne pas nous embrasser, se donner d’accolade ou de câlin.

J’ai eu du mal à y croire, à intégrer cette réalité. A chaque fois que l’enfermement se matérialisait, devenait tangible, je restais sidérée, dans un presque déni de la réalité qui s’imposait pourtant à plus de la moitié de la population mondiale. Au début, je me réveillais dans la nuit en me disant : « quel drôle de rêve ! » jusqu’à réaliser la véracité de cette étrange réalité : je suis enfermée.

J’ai commencé par me replier sur moi-même, me recentrer. Je suis allée chercher la force au plus profond de moi pour intégrer la perte de ma liberté d’aller et venir.

Est-ce que les détenus mettent aussi longtemps que moi à réaliser leur limitation de droits ? Est-ce que leur action répréhensible, et le fait d’avoir été jugé et condamné change la façon de vivre la privation de liberté ? Peut-être ai-je moi aussi provoqué ma privation de liberté : serait-ce un châtiment divin ?

A quoi bon chercher des raisons ? des responsables ? La seule réalité objective est que je suis privée de ma liberté d’aller et venir comme la presque totalité des habitants de la planète. Il me faut agir.

De la survie à l’Existence

Il n’est pas question de me laisser aller à cette sensation d’être en survie. Je veux vivre et profiter d’aujourd’hui comme de n’importe quel jour de ma vie.

Pour sortir de l’état de survie dans lequel la soudaineté et la violence de cette privation me plonge, je dois accepter mon état, cette situation. Il me faut reconnaître sa violence, son impact et accepter ma surprise, mon ébranlement.

Si je suis contrainte dans mes mouvements, rien ne m’oblige à me laisser gouverner par cette situation. Je suis à même de diriger ma vie, d’organiser mes journées. Rendez-vous compte, laisser une privation prendre le contrôle de ma vie !

La régénération

Les liens qui ont été coupés violemment d’avec le monde extérieur, par l’interdiction de sortie, ne demandent qu’à être nourris d’une autre façon ; de l’intérieur. Tous ces liens sont en fait en moi. Famille, amis, relations de travail.... Il y aussi toutes mes capacités, que j’avais cru un instant voir disparaître avec ma perte de liberté : ma capacité de vivre, de rêver, de créer, d’écouter, d’aider... toutes ces facultés que je soutiens par ma volonté d’être, de croire, de garder espoir. Elles sont là, ici, à l’intérieur de moi.

Je suis responsable de ma vie. J’en suis seule responsable. Je suis libre d’appréhender les événements qui se présentent à moi comme bon me semble. Je suis libre de les laisser me submerger ou libre de les considérer à leur juste valeur, comme des événements, juste des événements. Je suis libre de leur apporter la coloration que je souhaite, de les voir sous un angle dramatique ou d’y déceler des opportunités. Pour cela il est nécessaire de prendre le temps. Le temps d’accueillir l’événement, de l’observer sous tous ses aspects et de reconnaître, en demeurant dans la réalité objective vécue, ce dont l’événement nous prive et ce qu’il nous apporte. Qu’ai-je perdu ? Qu’ai-je gagné ? Sûrement une meilleure connaissance de moi, une plus grande force intérieure, une augmentation de la confiance en moi.

Être dans la réalité nous permet de prendre du recul, de nous extraire des jugements hâtifs, de savoir qui l’on est, d’évaluer avec justesse nos capacités, nos qualités, nos ressources.

L’ancrage dans la réalité vécue, commence par la conscience de ce qui est palpable physiquement. C’est l’ancrage au sens propre, l’ancrage de notre corps physique, la conscience de notre présence ici et maintenant, et le bien-fondé de la place que nous occupons. Prenez soin de vous, prenez le temps, expérimentez.

Relax'action : l'ancrage

Placez vous debout, les bras détendus le long du corps, les pieds légèrement écartés, les genoux souples. Expirez et inspirez confortablement. Fermez vos yeux et relâchez progressivement votre tête, vos épaules, puis votre ventre. Lorsque votre respiration s’est apaisée, venez poser votre attention sur votre poitrine qui se soulève naturellement au rythme de votre respiration. Visualisez cette région de votre corps qui abrite votre cœur et laissez naître des racines qui partent de votre thorax. Certaines sont larges et épaisses, d’autres plus fines. Toutes se dirigent vers le sol et s’extraient de votre corps pour aller s’enfoncer dans la terre. Elles longent votre poitrine, vos bras, votre bassin, vos jambes et s’enfoncent loin dans la terre humide, nourricière. Tel un arbre au printemps, sentez l’enracinement se faire. Puis doucement, sentez l’énergie du sol remonter le long de vos racines, et nourrir tout votre corps progressivement. Sentez-la vous réchauffer. Puis, tout naturellement, laissez-la redescendre jusqu’à la terre puis remonter à nouveau. Nourrissez-vous de ce flux continu et régulier, puis redonnez à la terre ce dont vous n’avez pas besoin. Expirez, inspirez profondément, étirez-vous. Et doucement ouvrez les yeux.


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